Azure Information Protection: ce n’est pas encore très clair pour tout le monde !

En début de semaine, j’ai longuement échangé avec un client à propos des solution de chiffrement de documents disponibles sur le marché. Il m’est apparu que les choses étaient très confuses dans son esprit (désolé Olivier 😉 ).

Il y a pas de confusion entre les différentes possibilités offertes par les multiples fournisseurs qui se sont positionnés sur ce marché. Bien évidemment, l’utilisation de plus en plus massive des solutions Cloud, que ce soit au niveau de l’email, des intranets ou du stockage de documents rend cette approche quasi obligatoire, car la sécurité périmétrique ne sert plus à rien en terme de protection de la donnée ou de protection de la propriété intellectuelle.

Dans l’ancien monde, le monde « on-premises », Microsoft fournissait déjà une solution nommée « Active Directory RMS », permettant de protéger (chiffrer) les documents Office et les emails Outlook produits par l’entreprise. Cette solution était assez efficace techniquement mais rendait les échanges inter-entreprises (avec un partenaire commercial par exemple) assez complexes à réaliser.

L’arrivée de Azure Information Protection (ex Azure RMS) a ouvert de nouveaux horizons en termes de protection des données et de l’information, mais il s’avère que nombre de clients ne comprennent pas bien certains aspects. L’objectif de ce post est de rapidement fournir quelques pistes afin de mieux comprendre les aspects AIP côté client (=device).

Petit rappel, la fonction AIP peut s’acquérir via les plans EMS 3 & 5 de Microsoft:

Le plan EMS E3 propose globalement (je fais simple…) les fonctions qui étaient anciennement portées par Azure RMS, à savoir la technologie de chiffrement elle-même – le plan EMS E5 rajoute globalement (je fais simple à nouveau…) les fonctions de classification – Ici, le challenge de Microsoft sera de lier au maximum ces deux technologies, permettant à l’utilisateur de choisir une classification, qui protégera automatiquement (en fonction de cette classification) les documents ou emails.

Rappelons également que la technologies AIP/RMS permet de protéger du contenu produit dans des technologies Microsoft (docx, pptx, email, etc.) mais aussi de protéger des documents qui ne sont pas produits avec des outils Microsoft (txt, PDF ou Autocad par exemple). Ce lien très utile décrit les différents formats pris en compte par AIP, que ce soit au niveau du module de protection ou au niveau du module de classification.

Lorsque d’un destinataire va recevoir un contenu protégé par AIP, il devra utiliser un « client » AIP/RMS lui permettant de faire le lien entre une authentification (=son identité) et l’application des règles d’accès au contenu décidées par le créateur du contenu (accès en lecture, en écriture, possibilité de copier/coller ou pas, etc.).

La technologie AIP/RMS nécessite donc un « client » côté device afin de déchiffrer un contenu. A ce niveau il y a globalement deux cas possibles pour déchiffrer et accéder au contenu selon les règles d’accès décidées par l’auteur du contenu:

Ce lien décrit les différentes possibilités en croisant les différents formats de fichiers avec la plateforme du device (=son OS) – ici par exemple, les différents clients AIP/RMS utilisables sur sur plateforme Windows en fonction des formats de fichiers:

De plus, vous retrouverez sur ce lien, la possibilité de télécharger Microsoft Azure Information Protection Viewer ( AZInfoProtectionViewer.exe ) pour Windows qui permettra a un client de consommer (=ouvrir) un contenu protégé par AIP/RMS même si il ne possède pas lui même une application intégrant un client AIP/RMS natif:

En conclusion, il faut bien assimiler plusieurs éléments:

  • AIP permet de protéger du contenu « Microsoft » mais aussi des documents hors format Microsoft (PDF, txt, etc.)
  • AIP fonctionne sur Windows, Mac, Android & iOS (avec quelque différences subtiles entre ces différents OS) – à noter aucun fournisseur tiers ne s’est lancé dans une aventure AIP sur Blackberry, mais il exite des possibilité pour supporter des clients AD RMS sur Blackberry
  • AIP intègre des fonctions de chiffrement & classification mais aussi d’autres fonctions extrêmement intéressantes comme le tracking des documents protégés par exemple
  • AIP permet d’échanger assez simplement du contenu protégé avec des personnes en dehors de l’organisation (au contraire de AD RMS)
  • La personne qui consomme le contenu, c’est à dire la personne qui accède au document/email protégé n’a pas besoin de licence AIP ni besoin d’avoir une application native AIP/RMS, elle peut télécharger le client AIP Viewer pour accéder au contenu protégé

Enfin, cette technologie évolue très très rapidement côté Microsoft, en effet, il s’agit d’une technologie clé pour permettre l’adoption des solutions Cloud tout en protégeant l’accès à l’information de l’organisation.

Si vous avez des questions ou des besoins sur AIP, n’hésitez pas à me contacter. J’ai créé dernièrement un nouveau Workshop d’une demi-journée ou une journée dédié à AIP et qui permet de comprendre comment fonctionne cette technologie et les différentes possibilités offertes pour une organisation.

Annonce de la fusion des portails d’administration pour les fonctions AIP (Azure RMS & Labeling)

Une annonce majeure de la part de Microsoft, attendue depuis longtemps !

Microsoft va proposer une interface de gestion commune des fonctions de protections (ex Azure RMS) et des fonctions de Labeling (ex Secure Island) ainsi qu’un client unifié pour les postes et périphériques mobiles.

Bien sur, cette nouvelle interface de gestion sera disponible depuis la version V2 du portail d’administration Azure: https://portal.azure.com

La stratégie est maintenant de considérer la protection comme une option de la fonction de classification. Je milite pour cette approche depuis longtemps, car c’est la seule possible d’un point de vue structurel & organisationnel – il faut comprendre que la protection RMS n’a pas de sens sans la fonction de classification, car l’utilisateur créateur de contenu est le seul chaînon capable de « définir » la protection via le choix d’une classification (classification au sens large du terme).

Les fonctions de classification et de protection des données non structurées sont absolument essentielles dans le cadre de l’adoption des technologies de Cloud Public. Il s’agit donc de se préparer au déploiement de ce type de fonction, c’est absolument essentiel.

Plus d’information sur le blog EMS: https://blogs.technet.microsoft.com/enterprisemobility/2017/04/26/azure-information-protection-unified-administration-now-in-preview/

Et sur ce lien: https://aka.ms/DanPlastina