La désillusion du VDI ou la nouvelle version de l’imposture informatique

  Une fois n’est pas coutume, cet article n’est pas spécifiquement orienté vers le thème de l’IAM, mais porte sur un sujet qui m’est cher: « L’imposture informatique« .

Toute personne travaillant dans l’informatique doit avoir lu le livre « L’imposture informatique« , c’est une nécessité afin de bien comprendre l’industrie dans laquelle « nous » travaillons. Notez, je suis tout à fait conscient de participer très activement à cette imposture, mais je ne suis pas dupe. Malheureusement il se trouve que je gagne en partie ma vie grâce aux nouveaux besoins que le couple Gartner/IDC invente jour après jour, je sais, c’est mal (c’est comme « croiser les effluves »).

Le livre « L’imposture informatique » explique brillamment (à mon avis) comment l’industrie informatique construit elle-même les besoins de ces futurs clients, et comment ces nouveaux besoins nourrissent à nouveau la genèse d’autres besoins – un exemple simpliste: d’abord inventons la messagerie électronique, puis inventons l’anti-spam après quelques années, puis inventons des software de relais en masse déjouant les anti-spam. Ce livre est vraiment bien vu, je le conseille à toutes les personnes qui travaillent dans l’informatique, quel que soit le poste.

Au fait, en parlant d’imposture, discutons donc du Cloud ! Ceux qui me suivent et lisent ce blog régulièrement connaissent ma « passion » pour le Cloud et ce que j’en pense. Bref, voilà encore une belle invention conjointe de Gartner/IBM/MSFT/Google/IDC/etc…. Mais bon, il faut bien assurer les nouveaux relais de croissance, quitte à rendre friable l’informatique de ses propres clients, de toute façon ils reviendront ! ils ont besoin d’informatique !

La nouvelle imposture à la mode: le BYOD, et son âme damnée: le VDI. Non, mais sans blague, vous connaissez personnellement une entreprise qui « fait » du BYOD ? et je ne parle pas des pseudo articles dans « 01 » ou dans « l’informaticien » mais de quelque chose que vous avez vu de vos propres yeux…

Le cas du VDI est plus complexe. En effet, la promesse « fonctionnelle » est réelle et peut être considérée comme intéressante. Néanmoins:

1/ pourquoi payer avec le VDI 3 à 4 fois le prix d’une infrastructure classique client-serveur ? existe t-il un ROI intéressant sur la durée d’un vie d’une telle infra ? -> NON

2/ pourquoi déployer du VDI, alors qu’une infra client-serveur bien réalisée couvre à 99% (voir 100%) les même besoins ? -> PAS DE REPONSE

3/ pourquoi se rajouter des problèmes techniques et fonctionnels et sachant que le VDI ne couvre pas actuellement techniquement ce que l’on attend de lui ? Sur ce point le VDI me fait penser à l’ASP de 1999: belle idée, mais une idée trop en avance par rapport aux possibilités techniques du moment.

Je sais, tous mes potes travaillant dans la Virtu et le VDI vont me jeter des tomates – tant pis – et d’ailleurs, comme leur dieu s’appelle Brian Madden, je leur conseille de lire » le nouveau testament« : « The VDI delusion » – c’est fascinant.